Éclipse totale du 12 août 2026 : le Soleil noir avant la nuit des Perséides

Illustration d’une éclipse totale basse sur un horizon rouge, suivie d’un ciel nocturne traversé par les Perséides.

Le 12 août 2026, la Lune passera entre la Terre et le Soleil et projettera son ombre de l’Arctique à la péninsule Ibérique.

Dans le nord de l’Espagne, la photosphère disparaîtra brièvement et laissera apparaître la couronne solaire.

En France, l’éclipse restera partielle, quoique spectaculaire, puisque 99,5 % de la surface du Soleil sera occultée à Biarritz.

Ce rendez-vous permettra d’explorer un phénomène aussi précis que fragile : l’alignement de trois astres, la géométrie de leurs ombres et la remarquable correspondance de leurs dimensions apparentes.

Il imposera également une règle absolue : hors de la brève phase de totalité, le Soleil ne devra jamais être regardé sans une protection adaptée.

Puis le spectacle changera d’échelle.

Dans la nuit du 12 au 13 août, la nouvelle Lune laissera le ciel particulièrement sombre au moment du maximum des Perséides.

De l’ombre lunaire aux poussières de la comète Swift-Tuttle, une même date réunira ainsi deux manières pour l’obscurité de révéler la lumière.

Qu'est-ce qu'une éclipse totale du Soleil ?

Une éclipse solaire se produit lorsque la Lune passe entre la Terre et le Soleil et dissimule tout ou partie de son disque lumineux.

Lors de la phase totale, pendant quelques instants, la surface visible du Soleil, appelée photosphère, est complètement cachée.

Son éclat ne masque plus les régions beaucoup plus ténues qui l’entourent : la couronne solaire apparaît comme un halo blanc et irrégulier, parcouru de filaments s’étendant dans l’espace.

Des protubérances peuvent également devenir visibles sur le pourtour de la Lune, sous la forme de structures rougeoyantes de plasma.

Juste avant la totalité, les derniers rayons du Soleil traversent les vallées présentes à la surface de la Lune.

Ils se fragmentent en plusieurs points lumineux appelés grains de Baily, avant qu’un dernier éclat ne produise brièvement l’image d’une bague de diamant.

Le phénomène se reproduit dans l’ordre inverse lorsque le Soleil réapparaît.

Les planètes et les étoiles les plus lumineuses peuvent apparaître au milieu du jour, tandis qu’une clarté orangée demeure visible tout autour de l’horizon.

Les éclipses solaires ne sont pas exceptionnelles à l’échelle de la Terre.

Plusieurs se produisent chaque année et une éclipse totale se produit quelque part sur Terre tous les dix-huit mois environ.

Mais en moyenne, il faut aussi attendre près de quatre siècles avant que la totalité ne revienne exactement au même endroit.

La durée maximale théorique approche sept minutes et demie, tandis que celle du 12 août 2026 atteindra au plus 2 minutes et 18 secondes près de l’Islande.

Durant ce bref renversement, l’astre qui rend toute chose visible devient lui-même invisible.

Mais son occultation ne fait pas disparaître toute lumière : elle révèle au contraire la couronne solaire que l’éclat ordinaire du Soleil empêchait de contempler.

L’ombre devient alors la condition d’une autre vision.

Couronne solaire et protubérances rougeoyantes pendant l’éclipse totale du 11 août 1999 en France.
La couronne solaire apparaît autour du disque noir de la Lune pendant l’éclipse totale du 11 août 1999 en France. Photo : Luc Viatour / Lucnix.be, CC BY-SA 3.0.

Cette correspondance entre le Soleil et la Lune n’est pas éternelle.

Sous l’effet des interactions gravitationnelles et des marées, la Lune s’éloigne actuellement de la Terre d’environ 3,8 centimètres par an.

Son diamètre apparent diminuera donc très lentement jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus recouvrir entièrement le Soleil.

Dans plus de 600 millions d’années, les éclipses totales auront disparu de la surface terrestre et seules subsisteront des éclipses annulaires ou partielles.

Ce qui paraît aujourd’hui appartenir à l’ordre immuable du ciel dépend ainsi d’un équilibre provisoire entre trois astres en mouvement.

La totalité est moins une permanence qu’une coïncidence passagère à l’échelle du temps cosmique.

Où voir l’éclipse du 12 août 2026 en France et en Espagne ?

Le mercredi 12 août 2026, l’ombre de la Lune apparaîtra dans les régions septentrionales de la Sibérie avant de parcourir l’océan Arctique, le Groenland, l’ouest de l’Islande et l’Atlantique Nord.

Elle atteindra ensuite la péninsule Ibérique, qu’elle traversera d’ouest en est avant de disparaître au coucher du Soleil.

La totalité sera visible dans une grande partie du nord de l’Espagne, ainsi que dans une petite zone du Portugal.

Pour la péninsule Ibérique, il s’agira de la première éclipse totale de Soleil depuis celle du 30 août 1905.

Il ne faudra pourtant attendre qu’une année supplémentaire pour que l’extrême sud de l’Espagne connaisse une nouvelle totalité, le 2 août 2027.

En 2026, la bande de totalité entrera en Espagne par la Galice, traversera notamment les Asturies, la Castille-et-León, le Pays basque, l’Aragon et la Communauté valencienne, avant d’atteindre les îles Baléares.

À La Corogne, l’éclipse commencera vers 19 h 31, heure locale, et la totalité surviendra autour de 20 h 28 pendant environ 1 minute et 16 secondes, avec un Soleil encore situé à près de 12 degrés au-dessus de l’horizon.

À Burgos, la totalité durera approximativement 1 minute et 44 secondes vers 20 h 29, mais le Soleil ne sera plus qu’à 8 degrés de hauteur.

À Palma de Majorque, vers 20 h 32, le Soleil ne se trouvera plus qu’à environ 2 degrés au-dessus de l’horizon.

La ligne centrale n’est donc pas nécessairement le seul critère permettant de choisir un lieu d’observation.

Quelques secondes supplémentaires de totalité ne compenseront ni un horizon masqué ni la présence de nuages.

Carte mondiale de l’éclipse solaire du 12 août 2026 montrant la bande de totalité entre l’Arctique et l’Espagne.
Trajectoire de l’éclipse solaire totale du 12 août 2026. La bande rouge représente la zone de totalité et les courbes jaunes le taux maximal d’obscuration. Horaires en UTC. NASA Scientific Visualization Studio / Ernie Wright.
Animation montrant le déplacement de l’ombre de la Lune sur la Terre pendant l’éclipse solaire du 12 août 2026.
Déplacement de l’ombre lunaire sur la Terre le 12 août 2026. NASA Scientific Visualization Studio / Ernie Wright — adaptation Rouge Levant.

Le lieu idéal sera avant tout un espace accessible, offrant une vue parfaitement dégagée vers l’ouest et permettant de se déplacer si les prévisions météorologiques l’exigent.

Les montagnes, les immeubles, les arbres, les brumes maritimes et même un relief lointain pourront suffire à masquer la totalité lorsque le Soleil approchera de son coucher.

Une certaine mobilité sera donc plus précieuse qu’une position choisie plusieurs mois à l’avance sur la seule ligne centrale.

En France métropolitaine, l’éclipse restera partielle sur l’ensemble du territoire.

L’obscuration atteindra environ 89,9 % à Strasbourg, 90,4 % à Lille, 92,2 % à Paris, 93,8 % à Lyon, 95,1 % à Nice, 96 % à Nantes et Montpellier, 96,3 % à Marseille, 97,6 % à Bordeaux et 97,8 % à Toulouse.

À Biarritz, 99,5 % de la surface solaire sera cachée par la Lune.

La différence entre 99,5 % et 100 % peut paraître presque insignifiante.

Elle est pourtant fondamentale.

Même réduit à un croissant extrêmement mince, le Soleil conserve une luminosité suffisante pour éclairer le paysage et empêcher la couronne d’apparaître.

Selon les villes françaises, le phénomène commencera approximativement entre 19 h 19 et 19 h 31 et atteindra son maximum entre 20 h 14 et 20 h 26.

Dans plusieurs régions, le Soleil se couchera avant la fin complète de l’éclipse ou lorsqu’il sera encore très proche de l’horizon.

Ici encore, une vue dégagée vers l’ouest sera indispensable.

Comment se forme une éclipse solaire ? Géométrie de l’ombre et de la lumière

Une éclipse solaire ne peut se produire qu’à la nouvelle Lune, lorsque notre satellite se trouve entre la Terre et le Soleil.

Pourtant, la Lune passe le plus souvent légèrement au-dessus ou au-dessous du disque solaire.

Son orbite est inclinée d’environ 5 degrés par rapport au plan dans lequel la Terre accomplit sa révolution autour du Soleil, appelé plan de l’écliptique.

Une éclipse n’est donc possible que lorsque la nouvelle Lune se trouve à proximité de l’un des deux points où son orbite traverse ce plan : les nœuds lunaires.

Ces périodes favorables reviennent approximativement tous les six mois et constituent les saisons d’éclipses.

La possibilité d’une éclipse totale repose également sur une remarquable correspondance entre les dimensions apparentes du Soleil et de la Lune.

Le diamètre réel du Soleil est environ quatre cents fois supérieur à celui de la Lune, mais il se trouve aussi approximativement quatre cents fois plus loin de la Terre.

Les deux astres présentent ainsi presque le même diamètre apparent dans notre ciel.

Cette égalité n’est cependant jamais parfaite.

Les orbites de la Terre et de la Lune n’étant pas circulaires, leurs distances varient continuellement.

Lorsque le diamètre apparent de la Lune devient légèrement supérieur à celui du Soleil, elle peut recouvrir entièrement sa photosphère et produire une éclipse totale.

Lorsqu’elle paraît plus petite, elle laisse subsister autour d’elle un anneau lumineux : l’éclipse est alors annulaire.

Schéma de l’alignement Soleil-Lune-Terre montrant le cône d’ombre rouge de l’éclipse totale et les zones dorées de pénombre où l’éclipse est partielle.
Géométrie d’une éclipse solaire : la totalité est visible dans l’ombre de la Lune, tandis qu’une éclipse partielle est observée dans la pénombre. Tailles et distances non à l’échelle. Illustration Rouge Levant.

La nature de l’éclipse dépend enfin de la région de l’ombre lunaire traversée par l’observateur.

Dans le cône d’ombre, ou ombre proprement dite, le Soleil est entièrement caché et l’éclipse devient totale.

Au-delà de la pointe de ce cône, lorsque l’ombre proprement dite n’atteint plus la Terre, la Lune paraît trop petite pour recouvrir entièrement la photosphère : un anneau lumineux subsiste alors autour d’elle.

Le 12 août 2026, le cône d’ombre ne touchera qu’une étroite bande parcourant l’Arctique, le Groenland, l’Islande et la péninsule Ibérique, tandis que la France demeurera dans la pénombre.

La nature de l’éclipse observée dépendra donc autant de l’alignement des astres que de la position de l’observateur à la surface de la Terre.

« Les fautes de l'homme de bien sont comme les éclipses du Soleil et de la Lune :

lorsqu'il commet une faute, tout le monde la voit ;

quand il se corrige, tous lèvent les yeux vers lui. »

Zigong (Duanmu Ci), Entretiens de Confucius, XIX, 21 — traduction de Kazu

Comment observer l’éclipse sans danger ?

L’observation d’une éclipse solaire présente un danger trompeur.

À mesure que le croissant lumineux s’amincit, la diminution de l’éclairage ambiant réduit la sensation d’éblouissement et peut inciter à prolonger le regard.

Pourtant, même presque entièrement cachée, la photosphère conserve une intensité suffisante pour provoquer des lésions graves de la rétine.

Ces atteintes peuvent survenir sans douleur immédiate et entraîner une altération durable, parfois irréversible, de la vision.

Des lunettes spécialement conçues pour l’observation solaire devront donc être utilisées.

Elles doivent respecter la norme internationale ISO 12312-2, porter le marquage CE lorsqu’elles sont commercialisées dans l’Union européenne et ne présenter aucune rayure, perforation ou déchirure.

Les lunettes de soleil ordinaires, même très sombres, les films photographiques, les radiographies, les CD, le verre fumé et les autres filtres improvisés ne procurent aucune protection suffisante.

Les anciennes lunettes distribuées lors de l’éclipse de 1999 ne doivent pas être réutilisées.

Après vingt-sept années de conservation, leur filtre peut s’être dégradé même lorsque les dommages ne sont pas immédiatement visibles.

Anneau lumineux du Soleil entourant le disque sombre de la Lune pendant l’éclipse annulaire du 1er septembre 2016.
Lors d’une éclipse annulaire, la Lune paraît trop petite pour recouvrir entièrement la photosphère. Éclipse du 1er septembre 2016 à Kalemie. Photo : MONUSCO / Thierry de Matteis, CC BY-SA 2.0.

En France, où l’éclipse restera partielle, les lunettes devront être conservées pendant toute observation directe du Soleil.

Il n’existera aucun instant où celui-ci pourra être regardé sans protection.

Dans la bande de totalité espagnole, les lunettes ne pourront être retirées que lorsque la photosphère aura entièrement disparu, entre le deuxième et le troisième contact.

Dès que le premier point lumineux réapparaîtra sur le bord de la Lune, elles devront être immédiatement replacées.

Les lunettes d’éclipse ne permettent pas davantage d’utiliser sans risque des jumelles, un télescope, un téléobjectif ou un appareil photographique.

En concentrant les rayons solaires, ces instruments peuvent traverser ou détériorer leur filtre et provoquer une brûlure immédiate de l’œil.

Ils doivent être munis d’un filtre solaire spécialement conçu, solidement fixé à l’avant de l’optique.

L’éclipse pourra également être observée indirectement à l’aide d’un dispositif de projection, comme un sténopé.

L’image du Soleil est alors projetée sur une surface claire : il ne faut jamais regarder celui-ci à travers l’ouverture.

Perséides du 12 au 13 août 2026 : une nuit d’étoiles filantes sans Lune

Le spectacle céleste du 12 août ne s’achèvera pas avec le coucher du Soleil.

Cette même nuit, la Terre traversera la région la plus dense du courant de poussières abandonné par la comète 109P/Swift-Tuttle.

En pénétrant dans l’atmosphère à près de 59 kilomètres par seconde, ces particules minuscules produiront les Perséides, l’une des pluies d’étoiles filantes les plus abondantes et les plus lumineuses de l’année.

Leur maximum est attendu durant la nuit du 12 au 13 août.

Comme une éclipse solaire se produit nécessairement à la nouvelle Lune, notre satellite sera absent du ciel nocturne et sa lumière ne viendra pas effacer les météores les plus discrets.

Les conditions seront donc particulièrement favorables, à condition de s’éloigner des éclairages urbains et de bénéficier d’un ciel dégagé.

Plusieurs dizaines de Perséides pourront être observées chaque heure dans de bonnes conditions, certaines laissant derrière elles une traînée lumineuse persistante.

L’observation deviendra plus favorable à mesure que la constellation de Persée s’élèvera dans le ciel, particulièrement après minuit et jusqu’aux heures précédant l’aube.

Aucun télescope ne sera nécessaire.

Il suffira de choisir un lieu sombre, de s’allonger de manière à embrasser la plus grande partie possible du ciel et de laisser aux yeux une vingtaine de minutes pour s’habituer à l’obscurité.

Les Perséides sembleront provenir de la direction de Persée, mais leurs traînées pourront apparaître dans l’ensemble de la voûte céleste.

Météore des Perséides traversant la constellation de la Girafe près de Cassiopée, observé à Berlin le 14 août 2019.
Un météore des Perséides traverse la constellation de la Girafe, près de Cassiopée, le 14 août 2019 à Berlin. Animation : Bautsch, CC0.

Pour ceux qui auront rejoint la bande de totalité, en quelques heures, deux mouvements invisibles deviendront ainsi perceptibles.

Au crépuscule, la Lune projettera son ombre sur la Terre et révélera la couronne du Soleil.

Durant la nuit, notre planète rencontrera les poussières d’une comète et les transformera en traits de lumière.

Après avoir contemplé le Soleil noir, l’observateur pourra attendre que le ciel sans Lune s’embrase à son tour.

SOURCES PRIMAIRES ET RÉFÉRENCES

Sources consultées le 1er août 2026.

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Les 2 Axes du Rouge Levant

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Puisant sa source au Japon, son expression s'est fixée dans la matrice de l'abstraction moderne européenne.
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Cette rencontre artistique a permis au Rouge Levant de retrouver une Unité métaphysique.
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