
Le Rouge Levant s'exprime aujourd'hui à travers les oeuvres picturales de Rikizo, mais aussi à travers les mots de son fils Kazu.
Leurs racines ancestrales japonaises commune font qu'ils sont connectés à une même source d'inspiration, nichée au creux de leur coeurs respectifs.
Leurs créations stimulent une force unificatrice intérieure, qui, spécifique et unique à chacun, permet à celui qui parvient à en venir à bout, de restaurer son Unité et matérialiser une véritable paix intérieure.


Cette force unificatrice intérieure est notre flamme intime, allumée en chacun de nous, qui nous éclaire et nous guide jusqu’à notre dernier souffle.
Ce feu est l’expression de la singularité de chaque existence, qu’il nous appartient d’identifier, de comprendre, d'accepter, d'assumer et de conscientiser.
Loin de n’être qu’une force de destruction, ce feu devient une énergie créatrice : une puissance de transformation intérieure, capable de faire émerger la paix à travers la maîtrise de soi.

La personnalité s'établit dans l'infini et l'individualité s'efface dans l'indéfini.
Seule l'extrême universalité permet l'extrême singularité.
Dans la plénitude de l'expansion, s'obtient la parfaite homogénéité.
L'Unité peut alors être restauré.

J’ai eu la chance, depuis mon enfance, de grandir avec un second père. Lors de sa première carrière à l’ONU, Rikizo a rencontré Jacques Carrio, un collègue de la GATT, l’ancêtre de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).
Jacques a été une présence lumineuse, un soutien discret mais fondamental, une conscience en mouvement qui m'a profondément façonné.
C’est lui qui m’a insufflé cette manière de contempler le monde avec lucidité, bienveillance et engagement.

Après une carrière à l’ONU, marquée par la supervision d’élections démocratiques dans le monde, Jacques a entamé une quête intérieure, tournée vers le don, la présence, et le sens.
Sa bienveillance naturelle rayonne encore dans chaque lieu qu’il traverse.
En 2009, à l'occasion de l’exposition au temple Kōdaiji, il posait les premiers jalons philosophiques du Rouge Levant à travers un poème visionnaire.

« Très tôt présent dans l'œuvre de Rikizo, le rouge va prendre, avec le temps, une place grandissante jusqu’à supplanter toute autre couleur.
Coïncidence ou matérialisation du subconscient, cette domination semble correspondre aux soixante ans de Rikizo, anniversaire particulièrement important chez les Japonais, qui, pour l’occasion, s’habillent entièrement de rouge.

Le rouge n’est pas ici symbole de destruction, mais promesse d’avenir.
S’il est feu, il est celui qui réchauffe les corps, cuit les aliments, éclaire les logis, pas celui qui incendie, embrase et consume.
S’il est lave, il est celle qui crée les continents, pas celle qui efface les cités antiques.
S’il est sang, il est celui que verse la femme en donnant la vie, pas celui que perd le combattant blessé ou l’animal sacrifié.

S’il est soleil, il est levant, annonciateur du jour et de l’éternel renouveau, plutôt que crépusculaire, précurseur des ténèbres qui réveillent les doutes et nourrissent les angoisses.
S’il est passion, il est de celles sur lesquelles se bâtissent les relations durables, pas de celles qui meurent prématurément, asphyxiées par leur intensité.
Devenu matière autant que couleur, il crée la profondeur. Alternant le mat et le brillant en plans qui se superposent ou se succèdent, il vibre et fait naître le mouvement et, par là, la sensation de temps.


L’image du spectateur, projetée par l’œil ou par l’esprit, réalité physique ou avatar conceptuel, est mise en abyme dans un jeu de miroirs écarlates, faits plus pour orienter que pour égarer.
Balisés, ils n’invitent non pas à stopper, mais à aller de l’avant sur la voie de l’essentiel à travers un labyrinthe antinomique qui débouche sur la découverte de soi, après un parcours quasi initiatique comparable au cheminement méditatif.
Traditionnellement révolutionnaire, le rouge l’est aussi ici, moins parce qu’il s’oppose au noir – l’ordre existant – que parce qu’il incite à une remise en question vitale pour que le grand cycle se perpétue.

Loin du chaos et du conflit, la monochromie instaure l’harmonie en effaçant distance et différences.
Dans les tableaux de Rikizo, le rouge semble s’autogénérer et prendre une existence propre, en dehors des comparaisons et des évocations.
Sa présence, sa force sont telles qu’il dépasse l’anecdotique et le symbolique pour simplement être ce qu’il est :
LE rouge. »

« Les peintures abstraites de Rikizo m’ont beaucoup touché et l’idée de les montrer dans le cadre d’un temple zen m’a paru intéressante, car j’y ai vu quelque chose qui correspondait à l’essence même du bouddhisme. »

Le rouge que décrit Jacques dans son poème, résonne pour Kazu comme le feu intime qui éclaire nos vies jusqu’à notre dernier souffle.
Ce feu insatiable, qui embrase l’œuvre de Rikizo, n’a jamais été qu'un simple vecteur de création.
Il fut simultanément, un vecteur de souffrance profonde.
Sa dualité reflète l'essence même de toute manifestation : à la fois vide et pleine de sens, active et passive, pure et remplie de souffrance.
Dans toute manifestation, il existe une essence universelle à laquelle se connecter pour restaurer une unité primordiale, matérialisée par une paix intérieure authentique et harmonieuse.

Le feu génère une tension permanente entre élévation et effondrement, comme dans les conflits intérieurs vécus par tout un chacun.
Cette énergie duale, à la fois créatrice et destructrice, se vit comme une traversée : avec force, sagesse, sincérité et conviction.
Cette dualité doit être contemplée avec joie, car elle précède notre existence et notre volonté.
Il est donc nécessaire de l’accueillir avec respect et lucidité.
Un chemin intérieur ouvre alors la voie à une quête transcendantale : la canalisation de l’énergie vitale.
Le style caractéristique de Rikizo invite avec douceur le spectateur à cette transfiguration.
Ce feu, s’il est maîtrisé, devient lumière.
Et c'est cette lumière que l'association s'engage à diffuser au plus grand nombre.

C’est parce que la souffrance existe que la nécessité de grandir existe.





Certaines souffrances ne réclament ni explication, ni réparation.
Elles exigent seulement une acceptation pleine et consciente.
C’est ainsi que naît en nous la capacité de les intégrer harmonieusement à notre vie.
Cela demande des efforts constants, des sacrifices authentiques, et surtout du courage au cœur même de la tourmente.

C’est lorsque nous n’avons plus rien à perdre que surgit en nous une énergie insoupçonnée : un feu brut, un volcan intérieur.
Cette impulsion vitale, née de l’abandon ou du seuil, permet d’intégrer la souffrance inhérente à l’existence pour enfin prendre en main son existence.
Plutôt que de fuir le présent et la réalité, chacun doit apprendre à les accueillir, pour tenter de changer sa propre trajectoire, et avoir une maîtrise sur son avenir.

Il existe, en chacun de nous, un chemin intérieur menant à une prise de conscience harmonieuse de la souffrance.
En dépassant nos jugements subjectifs, nous pouvons reconnaître la légitimité de la souffrance : elle est au fond, la seule véritable source de transformation.
Sans nécessité, il n’y a pas lieu d’évoluer, de se développer, de s’adapter, et donc de devenir plus fort.
Sans adversité, pas de dépassement.
La souffrance est le moteur de tout progrès.
Elle n’est donc non pas à fuir, mais à intégrer harmonieusement à notre existence lorsqu’elle s’impose à nous.
Nous sommes ici au cœur de la métaphysique du Rouge Levant.

Le concept que Kazu a progressivement formulé donne voix à l’essence véritable du zen.
Non pas le zen galvaudé par les médias, ou réduit à une esthétique de surface, mais une voie intérieure profonde, transmise à travers son héritage ancestrale, et exprimée par une conscience française.
L’esprit critique forgé dans l’école républicaine, conjugué à l’accès à l’un des viviers culturels les plus riches du monde, lui ont offert les outils pour comprendre, mais aussi pour pacifier.
Ce chemin l’a conduit en 2025 au second éveil du Rouge Levant, née d’un dialogue intime entre intuition orientale et rigueur occidentale, entre la quête de silence et le besoin de sens.


Ses expérience récentes lui ont permis une lecture renouvelée de l’identité humaine.
Non pas figé, mais chaotique et vivant, par lequel les notions d'équilibre et de justice retrouvent leur portée universelle.
L'Unité est nécessairement un équilibre conscient au sein du désordre.
En cultivant votre singularité, ce dernier s'effacera progressivement vers l'indéfini.
La personnalité s'établit dans l'infini.
Dans la plénitude de l'expansion s'obtient la parfaite homogénéité.
L'Unité peut alors être restauré.

L'universalité de notre singularité est le reflet l'Amour : sentiment universel.
Il se diffuse et se transmet au-delà des sexes, des races et des espèces.

Les conditions d'existence propres à chacun, induisent un chemin unique à chacun.
La destination et l'origine sont communes, car l'Amour est transcendantal.
C'est en stimulant votre singularité et vos spécificités qui vous rendent unique, que vous vous rapprocherez d'une paix intérieure authentique et harmonieuse.

Dans un monde où le conformisme et l'immobilisme sont souvent perçus comme sources de paix, il convient de rétablir la Vérité.
Les différences ne sont jamais à rejeter, ils constituent pour ceux qui en prennent conscience la plus grande source de richesse.