
Né le 20 septembre 1946 à Fukuoka, Haruhiko Sunagawa (晴彦 砂川) fait des études de physique à l'université des sciences de Tokyo, puis en 1973 de dessin et de peinture au Collège of Arts de Londres.
Il s’installe en France dans les années 80, où très vite, il développe un « alphabet du mouvement ».
D’un point, il génère une ligne ; de la ligne naît la forme, le vide, le plan, le paysage.
En 1983, Haruhiko Sunagawa quitte le domaine de la peinture pour celui du relief, tout en continuant à jouer sur les illusions d’optique.
Lauréat du prix Bourdelle de sculpture en 1991, il introduit alors de nouveaux matériaux dans ses œuvres, accentuant leur volume et leur massivité.
Ce tournant plastique vers la tridimensionnalité va de pair avec un regain d’intérêt pour sa propre culture, comme le jardin Zen, et constitue un tournant décisif dans l’évolution artistique de ce peintre-sculpteur.

Le thème de la trace, de l’évanescence, se présentait dans la peinture à l'encre, à travers toute l’œuvre de Sunagawa.
L’artiste posait des oppositions subtiles entre l’immobilité et le mouvement, entre l’ombre et la lumière, traduisant ainsi la représentation d’un monde traversé de cadences fortes.
Avec de légères déformations, certaines vibrations de couleurs et des dégradés, il nous entraînait jusqu'aux limites du perceptible.

La structure symétrique de ses œuvres contribue à troubler les perceptions du spectateur et répond aux thèmes du miroir, tout en dépassant le simple usage du verre : l’accent est mis sur la transparence et sur le vide qui se creuse entre les éléments.
La sculpture, traversée par le vide et la lumière, demeure constamment en relation avec l’espace qui l’environne.
La formation scientifique de Sunagawa le rapproche d’une conception de l'art comme science, comme connaissance du réel, telle qu’on la retrouve chez Jesús Rafael Soto.
Mais l’introduction d’éléments naturels réintroduit la notion de désordre : les pierres, soumises à la gravité, renvoient à un espace originaire, d’échelle géologique, celui du chaotique et de l’informe.
Le vocabulaire formel de ce peintre-sculpteur comporte des modélisations géométriques des lois de l’espace physique.
Il met en œuvre un processus régulier, sériel, qui agence tout développement naturel.
Ses œuvres établissent un lien entre formes naturelles, agencement chaotique et la régularité d’une grille de stries.
Les surfaces, les intensités, le poids des différents éléments semblent correspondre à un rythme précis qui définit une véritable articulation de l’espace-temps de l’œuvre.
L’intuition artistique mène donc à une double synthèse : d’un côté les lois de la nature, de l’ordre et du désordre ; de l'autre, la réconciliation de la science et de l'art dans un équilibre fragile mais lumineux.

J'ai eu le plaisir de côtoyer Haruhiko depuis mon enfance jusqu'à son décès en 2022.
Artiste contemporain de mon père Rikizo, il partageait avec lui une amitié profonde et sincère, scellée par une exposition commune intitulée Deux Univers en Résonance, présentée sur la place du Panthéon à Paris en 2019.
Lors du vernissage, comme au fil de mes visites, j’ai été émerveillé par la résonance de leurs créations, de leurs parcours et de leurs sensibilités.
L’harmonie de ce dialogue artistique entre Haruhiko et mon père Rikizo m’avait profondément marqué.
Je me souviens être resté longuement fasciné par la puissance silencieuse qui se dégageait de son oeuvre intitulée Vers le vide 13-BN VI.

Après son décès, une vente d’atelier fut organisée le 23 octobre 2023 par Drouot.
Je me suis rendu aux expositions publiques précédant cette vente, afin d’admirer une dernière fois ses œuvres rassemblées avant leur dispersion dans le monde.
Ce qui marquait la fin d’une carrière artistique riche à tous égards.
Le jour J, au fil des enchères, j’ai assisté impuissant à l’achat de certaines pièces par des spéculateurs, souvent pour des valeurs dérisoires.
Ma stupéfaction fut immense lorsque réapparut cette sculpture qui m’avait tant intrigué quatre ans auparavant, lors de ma première rencontre avec elle.
Cette technique mixte en pierre (béton moulé), verre et acrylique sur contreplaqué est datée de novembre 2013.
J’ai eu l’honneur de pouvoir en faire l’acquisition pour une somme modique, inaugurant ainsi ma collection personnelle.
C’était la première fois que j’assistais à une mise aux enchères ; j’avais attendu ce jour toute ma vie.

Lorsque je l’ai installée à mon domicile, côte à côte avec un tableau de Rikizo, un profond sentiment de contentement a envahi mon cœur.
Comme si, à travers mes choix, mes efforts et mes sacrifices, je réalisais quelque chose qui dépassait ma simple condition humaine.
Animé d’une conviction au-delà de la logique de survie, portée seulement par l’amour, l’instinct et l’intuition bienveillante, j’ai réussi à réunir l’intime création de Haruhiko avec celle de Rikizo.
Leur œuvres, à nouveau en résonance, continuent à dialoguer entre elles dans un environnement qui dépasse le seul cadre spatio-temporel.
Cette démarche fait partie intégrante de la philosophie du Rouge Levant.

Aujourd’hui, j’écris cet article à mon bureau, le dos tourné à cette sculpture et, à ma gauche, une toile monumentale de Rikizo éclaire la pièce.
Encore aujourd’hui, je ressens le souffle de Haruhiko Sunagawa : il continue de m’insuffler ce supplément d’âme, cette inspiration mystérieuse, peut-être venue d’ailleurs, qui demeure la source secrète de mon bonheur.
La recherche de simplicité et de pureté des formes, des couleurs, l’emploi du blanc, l’importance du vide, la symbolique de l’élément naturel : tout cela relie Sunagawa à une esthétique profondément japonaise.
Cette origine, longtemps en creux dans son œuvre, resurgit avec force dans les années 1990, lorsqu’il se tourne vers la tradition de son pays natal.
On y retrouve certains traits propres aux jardins japonais : économie de moyens, jeux d’alternances, usage de l’asymétrie.
Les modulations empruntées à l’art japonais, la symétrie subtile des alternances, l’emploi du papier ou encore les motifs rayés des kimonos trouvent un écho particulier avec l’essence de l’art de Rikizo.
Ces deux artistes, par-delà leurs singularités, se rejoignent dans une même quête : celle de la beauté née du vide, du rythme et de la lumière.

Il figure aujourd'hui dans plusieurs musées et institutions dont le CAC à Lyon, le FNAC de Paris, la Fondation Balenciaga, et dans des collections privées du monde entier.
La galerie Denise René à Paris et la galerie Simoncini à Luxembourg ont organisé de nombreuses expositions pour diffuser son oeuvre.
Du fond du coeur, je te remercie Haruhiko pour ton existence et tes créations qui continuent de résoner dans chaque sourire que j'esquisse. Kazu


"Au fond de l’insomnie, mon âme est en flammes, blanches et sans bruit. Dans un tel moment d’épreuves, le sombre paysage marin s’étend, devant mon horizon.
Saison de la mer doit toujours être Hiver.
En languissant pour la mer lumineuse au plein de l’été, je reste debout sur la plage gelée, je sens mon existence comme une mémoire de l’humanité qui se succède à elle-même depuis l’aube de l’histoire.
Le rêve ... accumulation de l’expérience humaine de plusieurs millions d’années qui déchire la coquille de la conscience. On se dit alors : Cette trace de la main, peinte sur le mur, à Lascaux. C’était moi ? Cette sueur répandue pour entasser les blocs géants aux champs de Carnac. C’était moi ?
Cette conscience du cours des astres pour dresser les roches de Stonehenge. C’était moi ? Qu’était donc mon rêve ? Dans le courant du temps infini, solaire. La soif de la beauté ?
Dès l’instant où je la tenais, elle se décolorait et s’enfuyait comme l’Oiseau Bleu."
Le 9 Juin 1993, Haruhiko SUNAGAWA

Né en juin 1991 à Paris, sa vocation a toujours été le partage inconditionné du Savoir.
Aujourd'hui, il est conscient qu'elle lui a été transmise par l'Amour de ses parents.
Cependant, cette générosité d’esprit attire ceux qui stimulent, manipulent, exploitent, travestissent et aliènent cette pulsion à leurs propres fins.
Pour sauvegarder sa singularité parmi ces dynamiques destructrices, Kazu a concentré son énergie vitale dans la création de plus de 200 documentaires engagés, la rédaction de son premier essai philosophique La Conscience, la fondation de l'Association Rouge Levant, et l'édition du Journal éponyme.
À la croisée entre sagesse orientale et philosophie occidentale, La Conscience vous propose un voyage inédit au cœur de vous-même.
Fruit d’un héritage zen profondément vécu depuis l’enfance et enrichi par une éducation française empreinte de rigueur, cet ouvrage offre une réflexion puissante sur l'identité humaine et les mécanismes intérieurs de transformation.
Au fil des pages, l'auteur partage une approche unique : le déséquilibre conscient, méthode innovante pour apprivoiser et transcender la souffrance, en faire une énergie créatrice et renouer avec votre paix intérieure.
Vous découvrirez comment cultiver le libre arbitre, éveiller votre conscience et vivre en harmonie dans un monde chaotique.
La Conscience vous offre une clé essentielle pour comprendre, accepter et transformer votre existence.
Êtes-vous prêt à embraser votre feu intérieur ?

Plus qu’un simple essai philosophique, ce livre est une véritable quête spirituelle, un appel vibrant à rallumer votre lumière intérieure, et à devenir acteur du changement dans votre propre vie.
Il vous propose un parcours fondé sur l’expérience vécue, pour transformer la souffrance en une force vitale, à même de vous protéger lorsqu’elle est attisée à bon escient, et de matérialiser une paix intérieure par sa canalisation.
Il est disponible au prix de 9.99€ sur Amazon Kindle, Rakuten Kobo, Google Books, et Apple Books.
La sculpture de Sunagawa comporte de nombreuses allusions au temps comme flux et source d’incessants changements.
La présence de matériaux naturels introduit l’idée d’une évolution biologique et ouvre la sculpture sur une histoire de changements qui la dépasse.
Dans les sculptures, la représentation du temps prend sa linéarité : la forme de la spirale tient une place particulièrement importante dans l’œuvre de Sunagawa et est reprise sous de nombreuses formes.
La notion de période et de série, essentielle dans l’art optique, prend, avec le passage à la tridimensionnalité dans l’œuvre de Sunagawa, le sens d’une réflexion sur l’existence dans le temps.

Sunagawa explique qu’il ne désire pas créer une œuvre ayant une quelconque signification préétablie.
Son désir est d’encourager le spectateur à développer sa propre interprétation, comme si la sculpture n’était pas une création humaine, mais une chose naturelle.
Il écrit en effet :
Quelle nécessité y a-t-il d’expliquer [...] On pourra lire n’importe quel symbole et n’importe quel sens au physique comme au temps. Parce qu’on y apercevra une vérité de son paysage intérieur. Peut-être n’y a-t-il simplement que le bois et la pierre, / comme un des éléments ordinaires de la nature.
Dans un monde où le conformisme et l'immobilisme sont davantage vécues comme sources de paix, il convient de rétablir la Vérité.
Les différences ne sont jamais à rejeter, ils constituent pour ceux qui en prennent conscience la plus grande source de richesse.
C'est en stimulant votre singularité et vos spécificités qui vous rendent unique, que vous vous rapprocherez d'une véritable paix intérieure.
Le Rouge Levant souhaite inspirer cette singularité en douceur, dans la paix et l'harmonie.
Chaque personne est unique.
Les réponses ne se trouvent nulle part ailleurs qu'à l'Intérieur de Soi.
D'une étincelle peut jaillir la lumière !
Né d’un geste pictural, le Rouge Levant s’est d’abord exprimé par les formes et les couleurs de la peinture de Rikizo.
Puisant sa source au Japon, son expression s'est fixé dans la matrice de l'abstraction moderne européenne.
En 2022, un dialogue aux accents transcendantales avec son fils Kazu a élargit son domaine d'expression à l’art numérique, puis en 2025 à l'écriture, poursuivant son élan universel.
Cette rencontre artistique a permis au Rouge Levant de retrouver une Unité métaphysique.
Kazu s’est engagé à perpétuer ce mouvement en y insufflant une force unificatrice, matérialisé par la création de l'association Rouge Levant, dont la mission est de diffuser sa Lumière inspirante au plus grand nombre.
Sa première initiative est l'édition du Journal Rouge Levant, alors qu'à terme son objectif est d'organiser des événements culturelles et artistiques où le partage et la communion seront centraux.